Notre sujet de discussion ce mois :
Pensez vous qu\'il est exagéré de parler d\'une \"épidémie d\'obésité\" dans le monde?
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Autres traitements |
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| | |  | Identifier les troubles du comportement alimentaire | |
Lorsque l'on souhaite aborder la partie
psychologique de l'obésité et de son traitement, la première étape consiste bien
identifier les mécanismes générateurs de l'obésité. L'excès "habituel" de
consommation alimentaire se décline selon deux modes.
Dans les obésités avec hyperphagie la cause
peut être le grignotage, ou une faim inextinguible au cours du repas, ou encore
l'amour du "bien manger"... Ici, le trouble du comportement alimentaire est
aussi délimité par la société (et les médecins). Ce trouble peut être aussi
secondaire à une prescription diététique personnelle ou du médecin: un régime
restrictif induit une rupture d'équilibre dans le comportement, qu'il concerne
l'alimentation ou non. Ainsi, sans polémique, nous faut-il admettre que nombre
de troubles du comportement observés chez l'obèse pourraient n'être que
secondaires aux régimes prescrits.
La compulsion est la pulsion
incontournable vis-à-vis de la prise alimentaire d'un aliment bien défini (sucré
ou salé), qui s'accompagne alors d'une sensation de plaisir, même si c'est pour
lutter contre une angoisse et si ceci génère de la "culpabilité" (un exemple est
le chocolat). Grignotages inter-prandiaux et compulsions sont donc deux
aspects habituels du comportement de l'obèse. Les thérapies comportementales de
l'obésité, et à sur un autre plan, les réunions au sein de groupes associatifs,
ont pour cible ces désordres de la prise alimentaire. Redonner à l'obèse des
horaires de repas réguliers est une étape préalable dans sa prise en charge. On
sait cependant que la déstructuration ou le caractère anarchique des horaires
des repas liées aux modes de vie contemporains, le nombre croissant de repas
pris à l'extérieur du domicile, sont des données de fond sur lesquelles les
thérapeutiques habituelles de l'obésité viennent s'échouer. Plus banalement, les
consommations excessives lors des repas, souvent "traditionnelles" dans
certaines familles, sont très fréquemment trouvées à l'interrogatoire des
obèses.
A part, nous trouvons la boulimie : La
boulimie est l'ingurgitation, sans notion de plaisir ni de faim, d'une grande
quantité d'aliments indifférents (non sélectionnés selon leur goût) en un temps
court (2000 kcal en 15-20 minutes par exemple). Selon que la crise se termine
régulièrement par un vomissement ou non, la patiente grossira ou non. En
général, ces patients, le plus souvent des femmes, ne sont pas obèses. Ce
dernier trouble est donc bien délimité, et il est important de l'exclure du
champ de l'obésité. Il ne s'agit pas d'un trait habituel du patient obèse en
général, et il répond en règle à une pathologie de nature psychiatrique en soi.
Le fait que les obèses eux-mêmes se décrivent comme boulimiques, ou que leur
entourage les perçoive comme tels, est a priori du contresens, car les conduites
décrites sont en fait des compulsions.
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| | |  | Aspects psychologiques des traitements de l'obésité | |
La crainte de l'obésité est le moteur principal des
régimes. En effet, l'investissement social (et aussi la pression sociale) en
faveur de la minceur est tel que la seule pensée ou l'anticipation d'une obésité
sont motivantes pour la plupart des patients. Cette motivation l'emporte sur la
conscience des risques médicaux encourus, alors que le bon sens médical
souhaiterait l'inverse.
Les conséquences et les difficultés liées à un
geste chirurgical sur l'obésité ne sont pas négligeables. Le rôle d'un médecin
psychiatre, préalablement à la chirurgie est d'évaluer les états susceptibles
d'être une contre-indication à un geste agressif comme la chirurgie, qui
risquerait de les aggraver. Il en est ainsi de certaines psychoses ou d'états
limites à risque de décompensation.
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| | |  | La psychothérapie de l'obésité | |
Les thérapies
comportementales sont en vogue surtout dans les pays anglo-saxons depuis les
années 70. Leurs principe sont simples, et reposent sur quelques éléments de
base : l'auto-contrôle (le " self-monitoring ") , l'établissement de buts
spécifiques (par exemple une perte de poids de 500g à un kilo par semaine), et
le contrôle des signaux alimentaires extérieurs, ou stimuli. Le rôle du
thérapeute est de mettre l'accent sur ces stimuli en les supprimant ou en les
redistribuant dans la journée. Un stimulus classique est par exemple la mise en
route de la télévision en rentrant chez soi, accompagnée d'un grignotage avant
le repas. C'est en grande partie sur ces principes que reposent le soutien
proposé par des groupes associatifs (cf chapitre). Sans assigner au
psychiatre ou au psychologue un rôle défini formellement à l'avance, la tendance
est d'intégrer ces praticiens à une équipe de prise en charge de l'obésité,
qu'elle soit hospitalière, en centre de cure, ou tout centre de soins pour
obèses. Leur mission est alors d'assister le patient durant la phase
d'amaigrissement, mais aussi (et surtout) pendant la phase de maintien de la
perte de poids. Les effets d'un amaigrissement intense, tels que ceux qui sont
parfois obtenus avec la chirurgie, sont parfois déstabilisants et nécessitent un
soutien approprié. Il est ainsi par exemple du classique syndrome de
dysmorphohobie, ou dépréciation excessive de son corps (ou de certaines parties
de son corps). Savoir gérer un " nouveau corps " n'est évident pour personne, et
beaucoup ne peuvent y arriver seuls. A cela peut s'ajouter chez certains
patients mal préparés un rejet psychologique d'une chirurgie, qui s'exprime par
une intolérance à l'idée d'avoir eu un matériel implanté dans l'organisme (comme
avec une gastroplastie), et qui conduit parfois à les réopérerpour ablation de
ce matériel.
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