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L'OBESITE DANS LES PAYS EN DEVELOPPEMENT: UN FLEAU
NAISSANT? C'est un lieu commun de décrire l'augmentation du nombre d'obèses
(et plus généralement du surpoids) dans les pays occidentaux ou développés.
La sous-alimentation reste un problème dans de nombreux pays pauvres,
et même dans les pays "émergents". Ce que l'on commence à souligner est l'augmentation
impressionnante des obèses dans les pays en voie de développement.
Le principal facteur est l'urbanisation croissante des modes de vie,
avec pour corollaire une alimentation rapide, à base de matières grasses, sucres
et sel (donc plus calorique), alors que l'alimentation traditionnelle, paysanne,
reposait sur des fibres et sucres lents (céréales, racines ou tubercules),
plus longue à préparer. La migration des populations paysannes vers les
grandes villes est une réalité démographique qui touche de très nombreux pays.
Ces populations étaient structurées en familles solidaires, et perdent leurs
habitudes de vie une fois confrontées au rythme des mégapoles débordées, où
les transports sont précaires et le chômage endémique; de plus les efforts physiques
réguliers disparaissent quasiment chez ces "néo-citadins". Seuls les plus
fortunés (qui sont aussi les plus éduqués) peuvent plus facilement remédier à la
passivité des modes de vie (loisirs comme la télévision) et accéder aux sports.
La nourriture qui rend obèse est aussi malheureusement la plus carencée
(vitamines, oligo-éléments), ce qui aggrave encore les déséquilibres
nutritionnels des pays pauvres. On voit ainsi cohabiter dans un même pays comme
l'Indonésie une population obèse et une autre sous-alimentée. Ne nous y trompons
pas: les obèses seraient près de 300 millions aujourd'hui dans le monde, dont
115 millions dans les pays en développement, mais les personnes souffrant
chroniquement de sous-alimentation sont plus de 840 millions (chiffres de
l'OMS)! On ne sera donc pas surpris que les pays en voie de développement
connaissent un essor de la chirurgie bariatrique, alors même qu'y co-existent
des populations rurales et pauvres (souvent sous-alimentées) et citadines, comme
en Inde où les villes accueillent à présent 40% des habitants. L'Inde qui
célébrait justement les 7 et 8 mars dernier son deuxième congrès de chirurgie de
l'obésité (OSSICON) à New Delhi, de nombreux praticiens ayant l'usage
expérimenté des techniques mini-invasives (coelioscopie)! Résumons les
chiffres: la fraction de la population souffrant d'obésité dans le monde est de
8,3% (*source: Newsweek, 11/08/2003, Lifestyle change is spawning an epidemic of
global obesity); 20,4% dans les pays développés, 4,8% dans le pays en voie de
développement, mais déjà 17,1% dans les pays émergents.
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