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LE FRONT DE LA LUTTE
CONTRE L'OBESITE: DERNIERES NOUVELLES
La prise de conscience du
problème de santé publique qu'est l'obésité se fait plus aiguë de mois en mois.
Les gouvernements sont interpellés, mais aussi les compagnies agro-alimentaires,
surtout celles qui produisent et distribuent les "fast-food". Le combat se
déplace aussi sur le plan politique (les clivages traditionnels s'estompant, du
moins on l'espère), tandis que les industriels prennent conscience du phénomène
et agissent, il est vrai encore précautionneusement. Paradoxalement, la menace
judiciaire qui pesait sur ces groupes est (temporairement ?) éloignée, les
sujets obèses ayant porté plainte aux Etats-Unis (contre Mac Donald par exemple)
ayant été déboutés. Quelques exemples: la société américaine Kraft Foods a
annoncé le 1er juillet dernier la création d'un "programme mondial de lutte
contre l'obésité", et s'est engagé à réduire les portions vendues aux
Etats-Unis, à arrêter les opérations de marketing dans les écoles, et à cesser
de faire la promotion du grignotage dans ses publicités*. Beaucoup de firmes
(Danone, Nestlé, Coca-Cola, etc.) créent des comités stratégiques de diététique,
pour élaborer des standards nutritionnels, définir une politique de présentation
des produits selon leur valeur calorique et diététique... Cela est encore
timide, et butte aussi sur la difficulté d'une information impartiale: par
exemple, la seule teneur des aliments en graisse n'est pas un indice suffisant
pour juger des ses effets néfastes potentiels. Les
gouvernements prennent le relai, parfois dans le désordre. En Grande Bretagne,
on envisage une inscription sur certains produits comparables à celles qui
figurent sur les paquets de cigarettes ("nuit à la santé"), et une campagne de
prévention de l'obésité infantile a été lancé sur le thème: "cinq portions de
fruits et légumes par jour". En France, une déception récente: des amendements
ont été déposés à l'assemblée nationale (le 9 octobre)pour lutter contre
l'obésité infantile et rejetés. Elles proposaient l'installation de fontaines à
eau gratuites en échange de celle de distributeurs automatiques de boissons
sucrées, l'interdiction des publicités télévisuelles pour les produits sucrés
pendant les programmes destinées à la jeunesse, et la mise en place de messages
d'avertissement contre leurs dangers. Gageons que l'évolution des mentalités
aidants, ces mesures finiront par être décidées. Une bonne nouvelle cependant:
Le 20 octobre, le Bureau de vérification de la Publicité (BVP) a publié un
nouveau code de conduite de la publicité montrant des enfants: les annonceurs
s'interdirons désormais de montrer des enfants grignotants ou inactifs. Il n'est
pas sur que cela suffise, mais c'est déjà une bonne mesure!
* Les géants de l'agroalimentaire face au fléau de
l'obésité. Le Monde du 12 octobre 2003.
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