
Controverse : les chiffres de la surmortalité liée au poids
C'est entendu, être obèse prédispose plus fréquemment à certaines maladies et fait diminuer l'espérance de vie. Mais dans quelles proportions? Depuis les fameuses et anciennes études du groupe anglais de Framingham, on sait que les maladies cardio-vasculaires et le diabète voient leur prévalence augmenter dès le surpoids (plus de 25 kg/mètre carré).
Le célèbre journal médical américain JAMA s'interroge sur les variations de ce chiffre tel que rapporté dans différentes enquêtes épidémiologiques, toutes publiées récemment (entre 1999 et 2005). Ainsi un premier article concluait à un nombre de décès attribuables à l'obésité de 112 000 en 2000 aux Etats-Unis, tandis que deux autres auteurs l'estimaient à 414 000, ou bien 280 000 pour une période antérieure (1991).
D'où vient une telle discordance ?
Il s'agit de l'élaboration des modèles statistiques qui servent à établir de tels calculs et qui font discussion parmi les médecins traitant de la santé publique. Pour établir ces calculs, il faut considérer la prévalence du facteur de risque que constitue l'obésité, puis l'ampleur de son lien avec les causes de décès précoces (ce que l'on appelle le "risque relatif"). De fait certaines variables viennent interférer avec ces résultats: le fait que la corrélation avec les autres facteurs de risque a changé (par exemple les obèses ne sont plus des fumeurs importants), ou bien le vieillissement de la population, lequel s'accompagne d'une diminution relative du poids alors que l'obésité a affecté une part significative de la vie antérieure...
* Deaths attributable to obesity. DH Mark. JAMA 2005; 293: 1918-9. |

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