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Notre sujet de discussion ce mois :
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Médicaments

Le traitement de l'obésité ne passe pas de première intention par les médicaments. Ils ne sont qu'une aide temporaire, un outil au même titre que la chirurgie par exemple, mais pas une solution de long terme.
Ceci étant posé, des voies de recherche prometteuses pour l'avenir existent, vers de nouvelles molécules ou des thérapeutiques issues de la génétique.

Seuls les noms génériques des médicaments sont donnés dans ce texte

 
Les traitements des complications de l'obésité
Ce sont les antidiabétiques, anticholestérolémiants, antihypertenseurs etc. Ils ne sont pas spécifiques à l'obésité.
Les traitements actuellement autorisés dans le cadre de la prise en charge médicale de l'obésité sévère ou morbide sont peu nombreux. En sont exclus des médicaments qui ont été largement prescris dans l'obésité, mais sont à présent interdits ou fortement déconseillés pour cette seule indication, du fait de leur danger surtout et au mieux de leur inefficacité. Ce sont les diurétiques, les laxatifs, les hormones thyroïdiennes.
 
Les médicaments de l'obésité considérés aujourd'hui comme efficaces

- Les amphétamines
 

Ce sont des anorexigènes puissants, c'est-à-dire des coupe-faims. La puissance de leur action sur le système nerveux explique les effets secondaires qui sont importants : excitabilité et dépendance éventuelle, malaises cardio-vasculaires
C'est pourquoi ils sont contre-indiqués chez les patients avec antécédents psychiatriques ou ayant des problèmes cardiaques.


- L'Orlistat
  C 'est un inhibiteur des lipases digestives qui sont des enzymes permettant la digestion des graisses.
Ces dernières sont donc moins absorbées par l'intestin grêle dans une proportion de 30%.
Les résultats * font état d'une perte pondérale d'environ 10% après un an de traitement. Les effets indésirables de ce médicament sont liés à la tolérance digestive de cette malabsorption des graisses : diarrhée ou selles abondantes (10%), selles grasses ou molles (20%), suintements anaux.

* Résultats de l'étude publiée dans The Lancet 1998 (Sjöström) :
Dans cette étude, 743 obèses (index de masse corporelle compris entre 28 et 47 kg/m2) ont été étudiés dans 15 centres européens. Ils ont été soumis à un régime modérément hypocalorique, soit leur dépense énergétique estimée moins 600 calories/jour. Les patients étaient répartis en deux groupes : un groupe avec traitement par Orlistat, un groupe avec placebo (c'est-à-dire médicament fictif). Le groupe traité a perdu en moyenne 10,3 kg contre 6,1 kg dans le groupe placebo.39% des sujets traités avec perdu plus de 10% de leurs poids, contre 18% des sujets placebo.

D'autres études ont montré une amélioration significative des maladies médicales reliées à l'obésité, par exemple une baisse du taux de cholestérol dans le sang ou de la pression artérielle.

- La Sibutramine
  C'est un médicament commercialisé aux Etats-Unis, après avis de la Food and Drug Administration, mais qui n'est pas encore autorisé en Europe.

- Les fenfluramines
  Ces ont des agents agissant sur le système nerveux central. Elles ont une efficacité certaine sur l'obésité, mais elles sont actuellement prohibées en raison de leurs effets secondaires potentiellement graves (hypertension artérielle pulmonaire, cardiopathies valvulaires).
 
Les traitements du futur: la recherche génétique


>> Les bases génétiques de l'obésité
A l'exception de maladies rares (comme celle de Prader-Willi), l'obésité, quelque soit son type, n'a jamais une cause génétique exclusive. En revanche, il y a le plus souvent dans l'apparition de l'obésité mise en jeu d'une interaction entre facteurs liés à l'environnement (au sens large) et des gènes de prédisposition à l'obésité, qui sont transmis de manière héréditaire. Ces facteurs héréditaires sont indéniables comme le montrent les études sur la corpulence identique à ration calorique égale de vrais jumeaux, même élevés séparément. Ils peuvent atteindre des groupes de population comme les indiens Pimas d'Arizona, obèses à 80%.

Si les gènes prédisposant à l'obésité sont fréquents et même prépondérants en Occident, c'est ont été sélectionnés par l'évolution. C'est-à-dire qu'à un moment donné de l'histoire de l'humanité, ils ont apporté à l'espèce humaine un avantage en terme de survie de l'espèce. On peut dater ce phénomène du passage de la chasse ou de la cueillette à l'agriculture et la sédentarisation. Ces dernières ont vu l'apparition de disettes, pendant lesquelles les individus plus aptes à stocker des calories dans l'organisme sous forme de graisse bénéficiaient de meilleures chances de survie. Aujourd'hui cet avantage s'est mué en inconvénient, les disettes ayant migré vers le tiers monde et les occasions de fournir un effort se faisant de plus en plus rares.

>> Le rôle de la leptine
La leptine est une protéine produite par l'organisme (par le tissu adipeux) qui a fait couler beaucoup d'encre et représente une importante voie de recherche. On sait que cette protéine joue un rôle de signal pour la satiété. Les récepteurs de l'hypothalamus (voir le chapitre généralités, causes de l'obésité) sont sensibles à ce signal, qui traduit le degré de remplissage des cellules graisseuses ou adipocytes. Il existe ainsi chez l'obèse une augmentation du taux de leptine dans le sang. On a pu identifier le gène codant pour (responsable de) sa production, ainsi que celui de son récepteur. Si l'on a pu montré expérimentalement que l'injection de leptine réduisait chez l'animal la prise alimentaire et le poids (dans certaines conditions), on est encore loin d'une application directe en pathologie humaine.

>> Les voies thérapeutiques
Elles s'orientent selon trois directions :

- Développer des médicaments découlant des mécanismes de l'obésité mis en évidence par la recherche génétique. Il en est ainsi des études qui portent sur la leptine.
- Classer les différentes obésités selon leurs causes, ce qui permet d'agir sur des cibles identifiées. Par exemple on pourrait déterminer chez un sujet ou dans une famille de sujets les gènes qui prédisposent à un mécanisme d'apparition de l'obésité (insuffisance de consommation d'énergie, ou excès de stockage) et un type d'obésité (obésité de type III ou androïde, dont on sait qu'elle est plus grave). L'action serait alors thérapeutique, si l'on trouve le médicament approprié, ou surtout préventive, avec d'autant plus d'efficacité que l'on connaîtra les points précis sur lesquels devra porter la prévention.
- Enfin, se développera la nutrigénétique, ou détermination d'un comportement alimentaire adapté au gènes du patient (sélection des aliments, du cycle des repas et du comportement alimentaire).


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