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Que connaît-on réellement des motivations de patients obèses recherchant un traitement ? Une étude récente apporte une réponse partielle chez les patients candidats à la chirurgie : ils recherchent un traitement qui les mettra à l’abri de problèmes de santé et en même temps une perte de poids très significative*. Ils admettent volontiers (40 sur 44 personnes interrogés !) risquer leur vie pour atteindre leur « poids rêvé », alors qu’ils sont plus réticents (32 sur 44) si on leur promet « seulement » une perte (durable) de 20% de leur poids total initial… Cette étude souligne le fait que la population de candidats à la chirurgie est différente de celle des autres obèses, qui inclut de facto ceux que leur état de santé rendrait bénéficiaires de telles méthodes, mais qui ne s’y risquent pas. Si tous devraient avoir la même perception des buts d’un traitement de l’obésité, en termes de restauration de l’image corporelle, de qualité de vie, ou d’amélioration des maladies associées, l’observation commune est bien celle d’une grande diversité de priorités selon que l’on est patient, entourage du patient, « grand public » ou acteur des medias, endocrinologue, chirurgien bariatrique…


A bien des égards, l’exemple français est atypique. S’il est critiqué à domicile, à l’extérieur le système de santé français passe pour généreux et bien organisé . Or après une forte progression de la chirurgie de l’obésité dans les années 1998-2002, que l’on peut aussi attribuer à un phénomène de rattrapage (ou à un engouement excessif ?), les années 2003 et 2004 ont vu une stagnation et une  baisse de cette activité**. La baisse relative a pu être le fait de contrôles plus rigoureux de la caisse d’assurance maladie, et on assiste plutôt à un phénomène de plateau, tel qu’on peut le connaître après un élan initial en faveur d’une nouvelle technique, qui aurait en quelque sorte « épuisé » un vivier de patients candidats. Est-ce à dire que la frange de patients obèses morbides destinés à la chirurgie est vouée à rester en l’état ?
En fait, beaucoup de freins à la chirurgie sont absents en France: bon financement et niveau de remboursement, absence pratique de liste d’attente, information correcte du public médical et du grand public par les medias. L’absence d’enseignement de ces pratiques dans les universités et les réticences partielles de certains médecins sont compensées par le dynamisme des formations de terrain sous l’impulsion des sociétés fabriquant le matériel chirurgical, et par l’organisation de colloques interdisciplinaires. Force est donc d’admettre que cette stagnation, qui ne résulte en aucun cas d’une « satisfaction des besoins » (12 à 15000 interventions par an ne peuvent venir à bout de 360000 cas d’obésité morbide recensés par la dernière étude ObEpi, parue en 2006), est davantage le fruit des réticences envers des techniques, lesquelles, si elles sont à juste titre appréciées comme étant mini-invasives, sont tout de même… invasives, puisqu’elles impliquent une anesthésie générale, un risque péri-opératoire non négligeable, et des séquelles potentielles.

*WEE CC, JONES DB, DAVIS RB, BOURLAND AC, HAMEL MB.Understanding patients’ value of weight-loss and expectations for bariatric surgery.Obes Surgery, 2006; 16: 496-500.
**OBERLIN P, MOUQUET MC. Etudes et résultats. La chirurgie de l’obésité en France de 1997 à 2003. Direction de la Recherche des Etudes, de l’Evaluation et des  Statistiques- Ministère des Solidarité, de la Santé et de la Famille, n° 410, Juillet 2005.


 


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