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A présent,
penchons nous sur les "voix discordantes", celles qui contredisent tout le bien
que l'on peut penser de la chirurgie de l'obésité. Nous avons sélectionné deux
exemples. - Le premier met en exergue la discordance qui peut exister entre
les séries de la littérature chirurgicale et les données de la réalité d’une
enquête de terrain exhaustive*. Dans la population particulière nord-américaine
de patients bénéficiaires de l’assurance aux démunis Medicare, 16155 patients
consécutivement opérés entre 1997 et 2002 ont été revus. La mortalité à 2 mois a
été de 2% et à 1 an de 4,6%, soit des chiffres plus élevées que ce qui
transparaît dans la littérature (mortalité post-opératoire de 0,5%). L’évolution
spontanée de la « maladie-obésité » est donc bien à mettre en concurrence avec
celle de la morbi-mortalité de la chirurgie, qui n’est pas à négliger. Ces
données ont été confirmées récemment dans une revue des cas analysés dans la
région de New York. Rappelons que la chirurgie pratiquée aux Etats-Unis est
surtout le bypass. Un certain degré d’arrogance chirurgicale est en outre
présent dans les affirmations répétées que la chirurgie est la seule méthode
thérapeutique à même d’offrir aux obèses une perte de poids persistante sur une
longue durée, ce qui est oublier que la chirurgie n’est qu’une partie d’un
projet thérapeutique plus large. - Le second exemple vient d'un courant
minoritaire, mais très actif,qui prétend que les alarmes sur l’épidémie
d’obésité (un terme qui prête certes à confusion) sont non seulement mal
intentionnées, certaines corporations ayant intérêt à créer une panique
(industrie pharmaceutique par exemple), mais aussi non fondées, l’excès de
morbidité et de mortalité liés à l’obésité n’étant pas prouvé scientifiquement
**! Ce courant épistémologique est proche par exemple des « fat activists » de
la NAAFA (National Association to Advance Fat Acceptance). Même si certains
arguments portent (par exemple on manque de preuves scientifiques pour
"contraindre" à un traitement des personnes en simple surpoids), on peut
s'interroger sur les motivations de ces analystes, car s'il est une chose que
les médecins savent, c'est que peu d'obèses souhaitent le rester!
*FLUM D, SALEM L, BROECKEL ELROD
JA, et al. Early mortality among medicare beneficiaries undergoing bariatric
surgical procedures. JAMA, 2005: 294: 1903-1908. *CAMPOS P, SAGUY A,
ENSBERGER P, OLIVER E, GLASER G. The epidemiology of overweight and obesity:
public health crisis or moral panic? Int J of Epidemiology, 2006; 35:
55-60.
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