|
L’avantage que l’on
attend de l’IGS est une perte de poids équivalente à celle des techniques «
traditionnelles », mais au prix d’un risque opératoire et post-opératoire
moindre puisque sa mise en place est plus simple (une hospitalisation de 48
heures est suffisante) et que l’encombrement prothétique dans l’abdomen est
réduit. D’autre part, les patients auront une alimentation « quasi normale »
(mais avec des consignes diététiques). Le confort quotidien s’en trouve très
amélioré. L’inconvénient est que cette intervention n’a pas de recul suffisant,
ni de résultats sur un grand nombre de patients concernant la perte de poids, sa
qualité et sa durée.
Une première étude initiée par le Dr
V CIGAINA en 1995 a porté sur 4 patients en Italie ; une seconde étude débutée
en 1998 sur 10 patients avec un BMI supérieur à 40 (Body Mass Index ou index de
masse corporelle exprimé en kilos/m2). La perte moyenne d'excès de poids a été
de 13,9 kilos sur une période de 9 mois, sans complications.
A partir de ces données, le protocole
appliquée depuis début 2000 aux différents centres expérimentateurs aux
Etats-Unis a été validé par la Food and Drug Administration (FDA). Cinq sites
européens ont été initialement sélectionnés (en Suède, Italie, Allemagne,
Autriche et France). La procédure de marquage CE est en cours auprès des
instances compétentes de la Communauté Européenne. Tous les patients ont
bénéficié de l'implantation du système Transcend IGS par voie coelioscopique. Ce
système était programmé avec des paramètres spécifiques un mois après
l'implantation.
Les critères
d'inclusion ont été les suivants : - Age : 18 à 50 ans. - BMI de 40 à 55. - Histoire documentée
d'une obésité de plus de 5 ans avec échec des autres méthodes de perte de poids
(méthodes non chirurgicales). - Patients capables et désireux de participer
à la mise en place de cette procédure et au suivi régulier, et de se soumettre à
une entente sur la base du protocole par consentement éclairé.
Les
critères d'exclusion ont été les suivants : - Patiente enceinte
ou allaitant. - Patient ayant déjà subi une chirurgie gastro-intestinale
pour traitement de l'obésité. - Patient ayant déjà subi une chirurgie de
l'estomac. - Patient ayant déjà un dispositif implantable
d'électro-stimulation (pacemaker). - Patient avec ou présentant un haut
risque de développer un ulcère gastro-duodénal. - Patient souffrant de
maladie chronique gastrique. - Patient avec antécédents d'arythmie cardiaque
ou d'une maladie cardiaque sévère. - Patient avec un diabète non équilibré
(hémoglobine glycosylée supérieure à 8). - Patient ayant une autre maladie
générale non corrélée à l'excès de poids. - Patient que l'investigateur ne
considère pas comme capable ou désireux de se soumettre aux exigences de
l'étude. - Participation du patient à une autre étude clinique en cours
(diagnostic ou thérapeutique) qui affecterait l'intégrité de cette
étude.
Voici les consignes de
précaution données au patient. Elles sont analogues à celles proposées au
patient porteurs d'un pacemaker cardiaque : Après implantation de l'IGS, vous ne
pourrez plus subir de tests d'imagerie par résonance magnétique (IRM) sans
nouvelle vérification et réglage. Cependant, il n'y a aucune objection à subir
des radiographies courantes et des scanners. La
plupart des appareils et matériels électriques utilisés dans la vie courante
(four à micro-ondes, téléphones portables, systèmes d'allumage automobile,
lignes à haute tension, etc.) n'ont aucun effet sur le fonctionnement de votre
IGS. Cependant, les aimants puissants, les tondeuses, les vibrateurs, les
haut-parleurs et certains autres appareils électriques ou électromécaniques
dotés d'un champ statique ou magnétique intense peuvent déclencher les
impulsions de l'IGS. Il est donc conseillé de maintenir un minimum de 15 cm
entre ces appareils et la région d'implantation de l'IGS. Si votre IGS cesse de
fonctionner lorsque vous vous trouvez près d'un champ électromagnétique
puissant, éloignez-vous pour lui permettre de reprendre son fonctionnement
normal. Certains détecteurs de métaux installés
dans les aéroports, les bibliothèques publiques, etc. peuvent entraîner une
brève augmentation du niveau de stimulation. Présentez votre carte d'identité de
porteur d'IGS au personnel chargé du détecteur et indiquez le cas échéant
l'emplacement de votre appareil de façon à ce qu'il puisse être vérifié à l'aide
d'un dispositif portable. L'IGS peut
être endommagé par certains traitements médicaux tels que la défibrillation, la
cautérisation électrique, la diathermie médicale, la lithotritie, l'imagerie par
résonance magnétique (IRM) et les radiations thérapeutiques. Rappelez au
personnel traitant que vous portez un stimulateur gastrique implanté et précisez
son emplacement. A l'issue de l'intervention, nous vous conseillons de demander
au médecin qui a implanté votre appareil de vérifier son fonctionnement. Les
impulsions électriques émises par l'IGS peuvent être détectées lors d'un
électrocardiogramme standard.
Les
résultats actuels amènent aux conclusions suivantes : - Il s'agit
d'un procédé techniquement simple et reproductible, bien qu'améliorable. -
Aucune conclusion quant à l'efficacité de l'IGS sur le perte de poids ne peut
être faite. Les résultats complets ne seront pas disponibles avant fin 2001. Les
patients opérés dans le centre expérimentateur français n'ont pas eu de
complication majeure, et le perte de poids moyenne sur les six premiers mois a
été de 9 kg.
La stimulation gastrique électrique
avait fait l'objet de plusieurs études dans le cadre d'une pathologie très rare
: la gastroparésie , c'est-à-dire la " paresse motrice " de l'estomac, se
traduisant par des vomissements, une deshydratation, et des complications
nutritionnelles, touchant principalement les patients diabétiques.
Il est paradoxal de proposer le même
schéma thérapeutique s'agissant d'un problème radicalement inverse (les grands
obèses), mais les paramètres de stimulation sont très différents dans ce dernier
cas. Différentes hypothèse font actuellement l'objet d'investigations
expérimentales, en particulier un effet sur les hormones régulant l'appétit ("
neuro-médiateurs ").
L'absence de restriction alimentaire
est donc probablement le bénéfice majeur de l'IGS, de même que l'absence des
effets secondaires liés à la malabsorption. On peut en revanche s'interroger sur
la permanence de l'effet de satiété quand le patient est stimulé, et sur ses
capacités à contourner cet effet à long terme. On anticipera donc que
l'encadrement diététique et psychologique jouera un rôle encore plus important
dans le succès éventuel de l'IGS, que dans le cas des autres techniques
bariatriques.
L'IGS se pose donc potentiellement en
alternative aux autres méthodes chirurgicales de traitement de l'obésité
morbide. En 2001, les indications respectives de ces différentes techniques ne
se précisent pas, et le choix d'une opération reste pour la plus grande part
subordonné aux habitudes de chaque chirurgien, elles-mêmes très différentes d'un
pays à l'autre. L'avenir de l'IGS passe nécessairement par des études
comparatives de ce procédé versus les techniques classiques. Seules celles-ci
permettront de définir son meilleur emploi.
|