|
Même s'ils ne sont pas familiers des bio-statistiques, les médecins sont aptes à convertir les notions de seuil ou de risque relatif en traitement approprié.
PEUT-ON NIER 'L'EPIDEMIE D'OBESITE' ET SES CONSEQUENCES? (3/4) Même s'ils ne sont pas familiers des
bio-statistiques, les médecins sont aptes à convertir les notions de seuil ou de
risque relatif en traitement approprié. En revanche, ils élimineront de leur
raisonnement l’argumentation complexe des causalités intriquées, parce qu’elle
serait de nature à rendre confuse la prise de décision. C’est précisément une argumentation de ce type qui est développée dans l’article de CAMPOS et col : l’obésité est certes reliée à davantage de diabète, hypertension, augmentation des lipides sanguins, accidents cardio-vasculaires, ce que l’on regroupe sous le nom de « syndrome métabolique ». Mais rien ne prouve qu’elle soit effectivement la cause de ces désordres. Il existe peut-être une cause unique et non identifiée qui serait à l’origine de l’ensemble des ces états pathologiques, ergo le traitement d’une seule n’aura pas de prise sur tous. Aussi pertinent soit-il, ce raisonnement n'est guère utile au décideur, qui sait qu’agir sur le diabète ou sur le chiffre de lipides sanguins ne suffira pas sur la durée si corollairement il n’y a pas perte de poids, même si on peut par hypothèse perdre du poids sans améliorer son diabète, ou bien guérir d’une hyperlipidémie avec peu ou pas de perte de poids. Examinons alors les contre-arguments que les données scientifiques permettent d'opposer à l'article de Campos: 1.La réalité de l’accroissement du phénomène obésité: Il existe une réalité, non certes une « épidémie », mais celle d’un phénomène alarmant et qui doit interpeller les décideurs de santé publique. Le choc des mots ne vient ici qu’en renfort de cette interpellation! Le problème ne pose pas dans les termes que CAMPOS et al ont énoncés. Il est peu pertinent de savoir quel est le 'réservoir' de la population obèse, même si la plupart des sujets dont l’IMC dépasse 30 étaient auparavant dans la catégorie 25-30, donc déjà en surpoids. En fait on a montré (étude européenne WHO) que l’augmentation de la prévalence de l’obésité ne venait pas seulement des seuls sujets à IMC élevé et qu’il existait bien une augmentation de l’IMC moyen dans la population correspondante. Ceci est corrélé à l’augmentation de la masse grasse chez les enfants (DEHEEGER, 2004). En France, l’enquête Obepi montre un accroissement continu de la fraction de la population obèse (BMI>30), de 6,3% en 1980, à 10,1% en 2000 et 13,1% en 2006 (contre 30% aux Etats-Unis)...
Les deux autres arguments seront détaillés dans la dernière newsletter de cette série |