>> En France : L'obésité est malheureusement en augmentation. Sa fréquence (en terme d'épidémiologie, on parle de prévalence) est de 7% environ. En effet, selon la dernière enquête disponible, réalisée par la SOFRES en 1997, 8,4% des hommes et 7,9% des femmes de plus de 15 ans sont obèses, c'est-à-dire présentent un indice de masse corporelle de plus de 30 kg par mètre-carré. Ces chiffres sont encore plus inquiétants si l'on parle simplement du surpoids (à partir de 25 kg par mètre-carré) : on atteint alors 36,7% de la population. >> Aux Etats-Unis et dans le reste du monde : là aussi il y a une forte tendance à l'aggravation, y compris dans certains pays en voie de développement. Il semble ainsi qu'aux Etats-Unis, la population en surpoids (plus de 25 kg/m2) dépasse les 50%.
Voici une estimation de la prévalence de l'obésité en Europe et aux Etats-Unis en 1993, définie par un index de masse corporelle de plus de 30 kg/m2 (définition médicale de l'obésité selon l'OMS), pour une population d'âge compris entre 40 et 60 ans. Aires géographique | | Hommes | Femmes | | -> Europe du Nord | 10% | 15% | | -> Europe de l'Ouest | 13% | 16% | | -> Europe méridionale | 16% | 30% | | -> Russie | 14% | 44% | | -> Etats-Unis (population blanche) | 15% | 18% | | -> Etats-Unis (population noire) | 20% | 37% | >> Les coûts de l'obésité. On peut les classer en deux catégories.
Les coûts directs sont les dépenses qui seraient, à l'intérieur du système de santé, attribuées à un autre poste en l'absence de la pathologie. En bref il s'agit pour l'essentiel des dépenses médicales liées à l'obésité. Les coûts indirects sont les journées de travail perdues, gains non perçus. Les coûts directs ont été par exemple évalués à 5,5% des dépenses de santé aux Etats-Unis, à 4% aux Pays-Bas, ce qui représente plusieurs milliards de dollars ou d'euros. Il y a d'autre part une corrélation entre BMI (index de masse corporelle) et co-morbidité (c'est-à-dire maladies associées à l'obésité). Une étude finlandaise a même démontré qu'il y avait pour chaque tranche de population une corrélation significative entre BMI d'une part, et un ensemble associant coûts des soins, nombre de consultations auprès de médecins généralistes ou spécialistes, et nombre de journées d'hospitalisation par an supplémentaires.
Ces constats sont en définitive assez alarmants en termes de santé publique. Ils interpellent les décideurs politiques et administratifs, qui doivent faire porter leurs efforts vers la prévention, beaucoup restant à faire dans ce domaine. >> Les conséquences sociales de l'obésité. L'obésité est un handicap social et culturel quotidien. En effet, l'obèse est très souvent victime de discriminations, d'attitude de rejet au sein de groupes scolaires, sportifs ou professionnels. Dans certaines professions (secrétariat, métiers d'accueil etc.) il est très difficile d'obtenir une embauche pour un obèse, à qualification égale. Les problèmes psychologiques de l'obèse, qui sont fréquents, contribuent également à aggraver ce rejet social. Il en est de même des phénomènes pathologiques et des complications médicales, qui entraîne à la longue un isolement. |