Notre sujet de discussion ce mois :
Pensez vous qu\'il est exagéré de parler d\'une \"épidémie d\'obésité\" dans le monde?
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Complications |
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| | | L'obésité n'est pas qu'une disgrâce. On peut même dire que c'est là son moindre problème. Certaines civilisations ou certaines parties de notre
histoire l'ont même apprécié comme un synonyme de richesse. L'obésité est grave
parce qu'elle entraîne des complications médicales, donc des handicaps, une
diminution de l'espérance de vie des sujets qui en sont atteints, et un coût
important pour la société.
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Complications générales >> Complications cardio-vasculaires
>> Complications pulmonaires >>
Complications endocrines et métaboliques.
>> Complications ostéo-articulaires >>
Complications
ostéo-articulaires >> Autres complications de
l'obésité | |
| | |  | Complications générales | |
Comme nous allons le détailler dans les chapitres
suivants, l'obésité entraîne toute une série de complications médicales.
Celles-ci sont parfois très spécifiques, comme les apnées du sommeil, ou bien
non spécifiques, comme l'angine de poitrine ou l'hypertension, mais de fréquence
très augmentée par rapport aux sujets normaux. C'est ainsi que l'on peut
affirmer que l'obésité est responsable, au sein d'une même tranche d'âge, d'une
surmortalité et d'une surmorbidité très importante, au point que le facteur
multiplicateur peut être de 10.
Par ailleurs, l'obésité est responsable de
handicaps multiples qui se traduisent par des difficultés dans la vie
quotidienne: rejet de la part des autres et sentiment de solitude, problèmes
relationnels et à l'embauche, baisse de la qualité de vie, des aptitudes
physiques et sportives etc.
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| | |  | Complications cardio-vasculaires | | L'obésité prédispose de manière certaine et importante aux complications cardiaques et vasculaires :
La pression artérielle augmente avec le poids, et l'hypertension artérielle en tant que maladie est trois fois plus fréquente chez les sujets obèses que dans la population normale.
Le risque de maladies thrombo-emboliques artérielles est également accru : athérome (c'est-à-dire dépôts de plaques graisseuses dans la lumière des artères) des artères coronaires - ce qui occasionne une angine de poitrine (ou angor), et un risque d'infarctus du myocarde - ou d'autres artères périphériques comme celles des membres inférieurs. Les phénomènes d'ischémie, c'est-à-dire d'une diminution du flux sanguin, sont donc plus fréquents dans divers organes, avec à l'extrême une interruption complète du flux et une nécrose.
Il y a également d'autres maladies cardiaques : insuffisance cardiaque, troubles du rythme cardiaque et risque de mort subite.
Le risque veineux est majoré : insuffisance veineuse des membres inférieurs (varices, jambes lourdes), risque de phlébite (il est doublé chez les obèses de plus de 100 kg), dont la conséquence la plus redoutable est l'embolie pulmonaire.
La fréquence du diabète et de l'hypercholestérolémie chez l'obèse majore ces risques, car on sait que ces deux maladies entraînent un risque vasculaire supplémentaire. | |
| | |  | Complications pulmonaires | |
L'obésité prédispose de manière certaine et
importante aux complications cardiaques et vasculaires :
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Chez le sujet obèse, on observe très souvent
une dyspnée d'effort (c'est-à-dire des difficultés à reprendre son
souffle) pour des activités plus ou moins importantes. Ceci est une gêne à
la pratique d'un sport, ou même à des gestes simples de la vie quotidienne
comme s'habiller ou monter les escaliers. Les examens et tests
respiratoires du sujet obèse montrent régulièrement des altérations
significatives de la fonction respiratoire. |
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Les apnées du sommeil sont une complication
caractéristique de l'obésité, touchant un tiers des obèses morbides et 10%
des autres obèses. On peut en rapprocher le syndrome de Pickwick (décrit
par Burwell en 1956). Le patient porteur de ce syndrome s'endort à tout
moment dans la journée, généralement en position assise, lorsqu'il est
inactif, comme après le repas. On en trouve donc la description
saisissante chez Dickens, dont un personnage fameux est justement ce gros
monsieur Pickwick, qui a donné son nom à cette maladie: Tout le monde s'agitait, à
l'exception du gros garçon, qui dormait aussi profondément que si le
grondement du canon lui tenait lieu de berceuse. "Joe, Joe ! dit le
monsieur corpulent, quand la citadelle fut prise et qu'assiégeants et
assiégés se furent mis à table. Le diable emporte ce gamin, voilà qu'il
s'est encore endormi. Veuillez avoir l'obligeance de le pincer, Monsieur -
au mollet s'il vous plaît; c'est le seul moyen de le réveiller - je vous
remercie, Joe, déballe la bourriche". Le gros garçon, que M. Winckle était
parvenu à tirer de sa torpeur en comprimant une partie de sa jambe entre
le pouce et l'index, se laissa de nouveau rouler à bas de son siège, et se
mit à déballer la bourriche, avec plus d'empressement qu'on eût pu s'y
attendre, à en juger par son inertie antérieure. (Charles
Dickens. Les papiers posthumes du Pickwick Club. Bibliothèque de La
Pléiade. Gallimard, Paris 1958) L'apnée du sommeil est elle-même à
l'origine d'autres complications (cardiaques, neurologiques
etc.) |
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La maladie thrombo-embolique veineuse est
très favorisée par l'obésité. C'est-à-dire que la fréquence des phlébites
et des embolies pulmonaires post-opératoires (ou même spontanées) est très
augmentée. |
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| | |  | Complications endocrines et métaboliques. | | Elles sont très nombreuses. >> La
plus fréquente et la plus classique est le diabète : La littérature médicale est abondante sur ce sujet. Il s'agit le plus souvent, et en tous cas au stade initial, du diabète dit gras, non dépendant de l'insuline, et donc de ce fait accessible (au moins au début) à une guérison par la diététique et l'amaigrissement, éventuellement couplés à des médicaments antidiabétiques oraux (en comprimés). A un stade plus tardif et plus grave d'obésité, ce diabète peut devenir insulino-dépendant, et donc nécessiter des injections quotidiennes d'insuline. Le diabète est une maladie potentiellement très grave, puisque il est responsable de toute une série d'effets secondaires délétères: complications cardiaques et vasculaires (athérome, angine de poitrine et infarctus du myocarde, maladies de la rétine pouvant conduire à la cécité etc.). Le risque de diabète chez l'obèse est trois fois supérieur à celui de la population normale. L'insuline joue chez l'obèse un rôle complexe. Sans entrer dans le détail, il faut retenir que l'on observe couramment une élévation du taux circulant de cette hormone, qui est normalement sécrétée par le pancréas et dont le rôle est de réguler le taux de sucre dans la sang en l'abaissant. Mais cette élévation ne s'accompagne pas d'une baisse du taux de sucre (la glycémie). Contrairement à ce qui se passe dans les cas (rares) où existe une tumeur du pancréas qui sécrète de manière excessive cette hormone. L'explication réside dans un comportement différent de l'organisme sous l'effet de la multiplication des cellules graisseuses, dont l'effet est une résistance des tissus à l'insuline. C'est ce que l'on appelle le phénomène d'insulino-résistance. >> Les troubles des lipides
sanguins : Il s'agit de l'augmentation des graisses circulantes, qui elle aussi accroît considérablement le risque vasculaire et cardiaque. Ce risque est chez l'obèse cinq fois supérieur à celui de la population normale. Le trouble le plus commun est l'élévation des triglycérides sanguins. On observe aussi une augmentation du cholestérol sanguin, et plus particulièrement du 'mauvais' cholestérol (le cholestérol LDL) aux dépens du 'bon' cholestérol (HDL). >> Il
existe d'autres conséquences métaboliques et endocrines :
| - | Des anomalies de la fertilité (au maximum une stérilité). | | - | Des troubles de l'ovulation, avec souvent un syndrome des ovaires multikystiques (qui se traduit par des douleurs importantes en milieu de cycle). | | |
| | |  | Complications ostéo-articulaires | |
L'obésité entraîne de manière générale une
souffrance de toutes les articulations. Certaines d'entre elles sont
particulièrement touchées : les genoux, les hanches, la colonne vertébrale. Les
phénomènes d'arthrose sont très accentués, avec un vieillissement prématuré des
articulations et un état d'invalidité. Les hernies discales sont également
fréquentes, avec lumbagos à répétition et sciatiques.
Quelque soit le degré d'obésité, les médecins
spécialisés en rhumatologie ou orthopédie exigent souvent de leurs patients une
perte de poids importante, non seulement pour améliorer leurs symptômes de
fatigue ou de viellisssement prématurée d'une articulation, mais aussi avant
d'entreprendre une opération dont les résultats risqueraient d'être
mauvais.
Par exemple, la pose d'une prothèse du genou ou de
la hanche entraîne des sollicitations mécaniques articulaires très fortes, qui feraient craindre chez l'obèse une usure
prématuré du matériel implanté dont on sait que la durée de vie est assez
limitée.
Par ailleurs on observe plus fréquemment que dans
la population normale des crises de goutte, qui sont liées à l'élévation du taux
d'acide urique dans le sang (hyperuricémie).
Les autres complications sont les tendinites,
l'ostéoporose qui est une perte de la substance osseuse survenant en général
chez la femme après la ménopause (et dont résulte une plus grande fragilité aux
fractures).
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| | |  | Complications liées à l'anesthésie | |
Toute anesthésie chez
l'obèse présente un risque majoré du fait de la détérioration des fonctions
cardio-vasculaire et respiratoire, et de la fréquence accrue du risque
thrombo-embolique. Il y a également des difficultés techniques pratiques
liées au geste même de l'anesthésie : abord veineux délicat (pour mise en place
des cathéters qui assureront les perfusions), intubation rendue souvent plus
difficile, ventilation moins aisée à contrôler, ainsi que le volume des drogues
injectées etc.
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| | |  | Autres complications de l'obésité | |
Complications
cutanées : mycoses et macération des plis, hypersudation,
ulcères des membres inférieurs.
Augmentation de
la fréquence de certains cancers : endomètre, sein, colon et
rectum, prostate.
Complications
digestives : lithiase biliaire (ou calculs dans la vésicule),
stéatose hépatique (infiltration graisseuse du foie), reflux acide
gastro-oesophagien.
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