Bypass gastrique (3ème partie).
3. Quels sont les résultats de l’opération et en quoi consiste le suivi à long terme ?
Secondairement il existe des problèmes spécifiques : Anémie, souvent liées à des carences nutritionnelles (en fer, calcium, vitamine B12 et folate), qui impliquent une surveillance spécifique par prise de sang et l’ordonnance de suppléments. Un ulcère sur l’anastomose peut survenir dans 3% des cas, et peut presque toujours être guéri par les médicaments anti-ulcéreux. Une sténose de l’anastomose survient dans 5 à 7% des cas, se traduisant par des vomissements, et est en général très accessible à un traitement par dilatation (par endoscopie). Enfin il y a un risque d’occlusion intestinale par bride (adhérence) ou hernie interne : si cette occlusion porte sur le segment le plus court (anse bilio-pancréatique), les symptômes sont trompeurs car il n’y a pas d’arrêt du transit intestinal, donc peu de vomissements, mais simplement des douleurs, et il faut pratiquer un scanner. Un dernier problème est celui du devenir de l’estomac exclu , car on ne peut pas l’explorer
facilement (en particulier une endoscopie n’est pas possible) et donc
théoriquement une tumeur qui surviendrait serait mal détectée. En fait, des
dizaines de milliers d’opérations ont été réalisées et cette complication n’a
pas été rapportée de manière significative. Les résultats sur la perte de poids sont assez constants. Si vous considérez le poids que vous avez en trop (excès de poids), l’opération doit vous en faire perdre 60 à 70 % en 12 à 18 mois. Exemple : une patiente mesure 160 cm et pèse 110 kg. Son excès de poids théorique est de 55 kg. Elle peut espérer perdre 36 kg un an après la chirurgie. A plus long terme, les résultats sont bons, et en tout état de cause meilleurs que ceux de l’anneau modulable, ce que contrebalance la « lourdeur » de cette opération (complexité, risque), si bien certains préférent la réserver aux échecs de la première… Ceci n’est pas l’avis de tous les chirurgiens et beaucoup proposent d’emblée le bypass à leurs patients, en particulier s’ils font partie de la catégorie des « superobèses », avec un index de masse corporelle de plus de 50 kg par mètre carré ou bien s'ils consomment préférentiellement des sucres.
Une obligation minimale de suivi doit être prise en compte, au moins annuellement, pour prises de sang et prescription médicamenteuse.
|