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LE BYPASS
BILIO-PANCREATIQUE (BPD) ET LE DUODENAL SWITCH (DS) : 3ème
PARTIE
Nous nous penchons enfin
sur les résultats et les perspectives de ces opérations. Il faut préciser
qu'elles sont rares encore. En France par exemple, l'enquête de la Caisse
Nationale d'Assurance Maladie de 2003 a révélé qu'elles ne représentait que
moins de 1% de toutes les opérations pratiquées. Aux Etats-Unis, il semble que
le taux augmente légèrement, pour se situer aux environ de 10% (chiffres 2002).
Les résultats sur la perte
de poids sont certainement les plus efficaces dans ce domaine: 85% de perte de
l'excès de poids initial avec un taux de succès de 95% à 2 ans*, même chez les
patients les plus obèses. De plus, ces résultats se maintiennent à 8 et 10 ans
sans reprise de poids. Les effets sont tout aussi spectaculaires sur les
maladies associées, comme les troubles des lipides sanguins ("dyslipidémie") et
le diabète. De plus, les patients conservent l'important avantage de contraintes
alimentaires très faibles, puisqu'ils s'aliment presque normalement. Malgré des
selles maladorantes, le rythme de la diarrhée s'estompe avec le temps, pour se
stabiliser à 2-4 selles par jour.
Il s'agit d'opérations
délicates sur un terrain fragile, donc grevées de complications post-opératoires
plus fréquentes et potentiellement graves: la morbidité (taux de complications)
est de 5 à 10%, la mortalité de 1 à 2%, les principaux problèmes étant les
fistules ou désunions des anastomoses et les embolies pulmonaires. A moyen
terme, il faut craindre les carences nutritionnelles en protéines, vitamines et
oligo-éléments, ce qui nécessite une surveillance très stricte. Le duodenal
switch reprend les grandes lignes du bypass bilio-pancréatique et donc présente
les mêmes complications potentielles; néanmoins il semble que les taux de
carences vitaminiques ou protéiques soient plus faibles du fait de la
conservation du pylore et d'une anse commune intestinale plus longue (1m). Chez
les très grand obèses, le chirurgien canadien Michel Gagner a proposé avec
succès une stratégie en deux temps par l'approche coelioscopique, combinant la
sleeve gastrectomie suivie du duodenal switch - ou bien, ce qui fait son
originalité, un bypass gastro-jénunal typique - après 6 à 12 mois (avant que le
poids ne reparte à la hausse)**.
*
Scopinaro N, Adami GF, Marinari GM et al. Biliopancreatic diversion. World J
Surg 1998; 22: 936-946. ** Regan JP,
Patterson E, Gagner M. Early experience with two-stage laparoscopic Roux-en-Y
gastric bypass as an alternative in the super-super obese patient. Obes Surg
2000; 10: 514-523.
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